La Fabrique des élections : Bordeaux sous le second empire (1852-1870)

L’histoire politique française révèle d’étonnants paradoxes, un seul retiendra notre attention : le suffrage universel, matrice de notre démocratie, s’affirme sous le régime autoritaire de Louis-Napoléon Bonaparte. Le fait électoral sous le Second Empire revêt un caractère particulièrement ambigu : à la fois contrôlé et dirigé par l’administration impériale, il s’affirme aussi comme un moment d’apprentissage démocratique pour les citoyens.
L’étude de l’arrondissement de Bordeaux, en Gironde, donne à voir toutes les étapes, ainsi que les différents acteurs mobilisés, de cette construction paradoxale du suffrage universel masculin entre 1852 et 1870. Étudier les élections législatives et cantonales permet d’embrasser une histoire « totalisante » du fait électoral, et de questionner la politisation croissante apportée par le vote sous le Second Empire. C’est donc cette construction, véritable « fabrique » du choix politique démocratique à laquelle s’intéresse
cet ouvrage.